Je pose ma valise sur mon lit en soupirant. Cela fait même pas une heure que je suis ici et je m'ennuie déjà. Je commence sérieusement à douter sur mon soit disant «j'ai besoin de prendre du recul je pars vivre chez mon père». Mais ce n'est pas le moment de baisser les bras, si je me donne pas du courage tout de suite alors j'en aurais jamais. J'avais réellement besoin de quitter tout ça, toute cette vie merdique et repartir du bon pied.
Avant j'habitais à New-York dans un quartier pas très fréquentable je l'avoue. Là-bas j'ai fait pas mal de conneries dirons-nous. Je volais, cassais, pillais, enfin toutes les choses que font les jeunes de 17 ans qui y vivent. J'étais même très connus. En faite c'était moi le chef de la bande la plus redoutée des environs. Pas fameux hein ! Et dire qu'il a fallut que mon meilleur ami se fasse tuer pour que je me rende compte que j'étais un petit merdeux. Voilà pourquoi j'ai décidé de quitter tout ça et de partir m'installer chez mon père à Forks. C'est une petite ville de 3000 habitants, c'est l'endroit le plus humide et gris des États-Unis. Et c'est exactement ce qui me faut croyez-moi.
-Tom tu descends on va manger !
-J'arrive pa'.
Charlie c'est mon père, il est le chef de la police à Forks. Même si le taux de criminalité est au plus bas ici je sais qu'il adore son métier et pour rien au monde il le quitterait. Et rien que pour ça je le respecte énormément. Moi j'aurais abandonné depuis longtemps déjà et je serais partit m'installer dans une autre ville, genre Miami, Floride. Depuis le divorce des mes parents il y a de cela 12 ans je n'ai que peu revu mon père. Je venais ici pendant une semaine lors des vacances scolaire mais au bout de quelques jours j'appelais ma mère en larmes pour qu'elle vienne me chercher. Oui j'étais vraiment mauvais et je veux que mon père voit que cela à changé. Je veux prouver aux gens que je suis pas un cas irrécupérable comme mon ancien directeur le disait à ma mère. Je vais y arriver, je vais remonter la pente.
Il est maintenant 22h, je suis allongé dans mon lit, les bras croisés derrière ma tête mon regard encré au plafond. Pour être honnête j'ai peur. Peur de décevoir ma mère qui a déjà mit tant d'espoir en moi, je veux la rendre fière de son unique fils et pour elle je me donnerais à fond. Je vais lui prouver qu'il y a du bon encore en moi.
Dans deux jours c'est la rentrée pour moi. Je vais arriver au milieu du premier trimestre je vais devoir bosser à fond pour atteindre le niveau des autres élèves mais je me sens près. Enfin près à changer.
Toc Toc
-Oui !
Mon père entre doucement dans ma chambre. Je note qu'il a toujours son vieux pyjama qu'il portait déjà quand j'étais petit. Je rigole doucement alors qu'il s'assoit au bout de mon lit.
-Pourquoi tu ris ?
-Ton pyjama pa' !
Il baisse le regard sur son vieux tee-shirt gris déchiré et son caleçon bleu délavé. Il se tourne vers moi en haussant un sourcil d'incompréhension et je ne peux m'empêcher de rigoler à nouveau.
-Moi je l'aime bien.
-Je vois ça.
Il rigole avec moi avant de retrouver son sérieux légendaire. Il porte pendant un moment son regard à la moquette bordeaux de ma chambre, installant par la même occasion un silence reposant. J'allais m'endormir quand il se décide enfin à prendre la parole. C'est comme ça avec mon père, il ne faut pas le brusquer. Il te parlera si il a envie de te parler.
-Tu sais Tom, je suis content que tu sois venu vivre ici.
Je sais que c'est dur pour lui de montrer ses sentiments aux gens et je suis ravie qu'il le fasse avec moi.
-Moi aussi papa.
Je lui souris doucement pour le rassurer. C'est vrai que ma venue a été un peu précipitée, à peine l'avais-je prévenu de mon arrivée que j'étais déjà installé chez lui.
-Merci de m'avoir accepté chez toi.
-C'est aussi chez toi ici.
Il se penche un peu sur moi et passe sa main dans mes dreads pour les emmêler. Je couine en le chassant de ma chambre. Arrivé à la porte il marque un arrêt et se retourne une dernière fois.
-Bonne nuit Tom.
-Bonne nuit papa.
Il part ensuite de ma chambre après avoir éteint la lumière. Je remets grossièrement de l'ordre dans mes cheveux et c'est dans un soupire que je m'endors. Et pour la première fois depuis longtemps, ma nuit ne sera pas animée pas des cauchemars.
Le lendemain
-Qui tu dis ?
Il est tout juste 9h et je suis tranquillement en train de déjeuner avec mon père autour de la petite table de la cuisine. J'ai été réveillé brusquement par la pluie martelant la fenêtre de ma chambre, coupant par la même occasion mon rêve pour le moins très étrange. Cette nuit j'ai rêvé qu'un mec venait me mordre le cou et sucer mon sang. Je n'ai pas bien vu son visage mais bizarrement je n'étais pas effrayé. Non j'étais même en confiance, j'avais confiance en cet espèce un vampire.
-Billy, Billy black le père de Jacob.
-Ah oui le garçon avec qui je jouais souvent quand j'étais petit ?
-Voilà et ils vont venir cette après-midi.
-Pourquoi ?
-Il y a le retransmission du match de foot.
Je rigole en mordant dans ma tranche de pain. J'aurais du m'en douter. Aussi loin que remontent mes souvenirs j'ai toujours vu Billy et mon père ensemble. Ce sont de vieux amis et je me suis naturellement retrouvé à maintes reprises avec son fils à jouer pendant toute une après-midi alors qu'ils regardaient un match à la télé. Ils habitent à la Push une petite réserve indienne.
Avant cette rencontre ne m'aurait pas enchanté mais là j'ai envie de rencontrer de nouvelles personnes, avoir de nouveaux amis.
Je finis rapidement de manger puis monte me préparer. Il y a bien une chose que je ne changerais jamais c'est mon style vestimentaire. Je m'habille comme les rappeurs, avec de grands vêtements qui donnent l'impression que je nage dedans. Mais moi je me sens bien dedans, je me sens vraiment moi. Pareil avec mes dreads, combien de fois ma mère a voulu me les faire couper. Mais cela fait également partit de ma personnalité.
Demain je reprends les cours et j'ai décidé ce matin de réviser un peu dans mes vieux cahiers. De toute façon je n'ai que cela à faire, c'est pas à Forks que vous trouverez un centre commercial ou un cinéma.
Rapidement l'heure de midi arrive. Je descends à la cuisine et entreprends de faire à manger. Mon père est partit ce matin et normalement il ne devrait pas tarder à arriver. Je fouille dans les placards presque vide. Il reste en tout et pour tout une boîte de haricots, un paquet de pâtes, et une boîte de raviolis périmée.
Je n'ai pas vraiment le choix et c'est en soupirant que je prends le paquet de pâtes pour le renverser dans l'eau bouillante de la casserole. Avant l'arrivée de Billy et son fils j'irais rapidement faire quelques course dans la supérette du coin, histoire de ne pas mourir de faim.
Mon père arrive finalement alors que je nous servais. Il me remercie d'avoir préparé à manger et on passe enfin à table. Je préviens mon père que je vais faire les courses et avant qu'il ne réplique je m'éclipse dehors. Je le connais il m'aurait proposé de l'accompagner mais j'ai envie d'y aller seul.
Le temps dehors est juste affreux. Il fait horriblement gris et un fin rideau de pluie vient doucement mais sûrement tremper mes vêtements. Je marche tranquillement sur le trottoir les mains dans les poches, une capuche sur la tête et un cigarette à la bouche. Le peu de personne présente se retournent à mon passage me dévisageant ouvertement. Forks étant une petite ville tous les habitants se connaissent et l'arrivée du fils du chef de la police a eu vite fait de faire le tour. En plus mon style vestimentaire ne passe vraiment pas inaperçu. Enfin je ne vais pas me plaindre, c'est moi qui ait voulu venir ici alors j'assume.
Je fais rapidement mes courses puis retourne à la maison. Le temps c'est encore dégradé maintenant des éclairs viennent illuminer le ciel alors noir. J'allais tourner au coin de la rue pour rentrer chez moi quand une imposante jeep blanche attire mon attention. Je m'arrête et la regarde passer devant moi. Un homme d'une carrure impressionnante est debout à l'arrière de la jeep il est habillé comme les joueurs de base ball et porte sur la tête une casquette au couleurs de l'équipe de Seattle, il me fixe intensément alors qu'il passe à ma hauteur. Je n'ai pas eu le temps de voir qui conduisait, je sais juste que la personne au volant était brune.
J'arrive finalement devant mon nouveau chez moi. La voiture de mon père est là et garée à côté une vieille Chevrolet rouge. Je passe ma main sur toute l'aile droite. Elle est magnifique malgré sont ancienneté bien visible, je la trouve superbe. Depuis petit je suis fasciné par les voitures anciennes et celle là est juste une pure merveille à mes yeux. Je n'ai pas le temps de la contempler d'avantage que la porte de la maison claque soudainement. Mon père sort sur le perron suivit d'un indien en fauteuil roulant et un adolescent plus jeune que moi, bruns au cheveux longs. Je conclus facilement qu'il s'agit de Billy Black et son fils Jacob.
-Tom voici Billy et Jacob, je t'en ai parlé ce matin.
-Oui je me souviens. Bonjour.
Je m'approche d'eux et leurs serre la main. Ils m'offrent un sourire éclatant avant de se rapprocher de la voiture.
-Alors elle te plais ?
-Qui ?
-La voisine.
Je me tourne vers la maison derrière en grimaçant.
-Papa tu sais bien que je ...
-Mais non la voiture Tom !
-Ah !
Je me sens d'un coup vraiment stupide. Les trois autres rigolent et moi j'ai le regard baissé sur mes chaussures. J'avoue sur ce coup là j'ai pas été très fin.
-Alors elle te plais ?
Je repasse ma main sur la peinture les yeux émerveillés.
-Si elle me plait ? Bon sang elle est splendide.
Jacob à côté rigole doucement en s'approchant de moi.
-C'est moi qui l'ai réparé. J'ai changé le moteur, et maintenant elle est comme neuf. Enfin façon de parler.
-Elle est à toi Tom.
Je me retourne vers mon père brusquement. J'en crois pas mes oreilles. Ma première voiture. Moi qui pensais me trouver un petit travail pour pouvoir me payer une voiture. Je me sens d'un coup gêné, après tout je n'ai rien fait pour mériter un tel cadeau. J'allais refuser poliment quand Billy prend enfin la parole.
-Et t'as pas intérêt de te défiler petit, ça vexerait vraiment Jacob si tu refusais. Il a passé énormément de temps sur cette voiture.
Je me tourne vers le concerné en souriant. Il me lance un regard gêné en se grattant la nuque. Il hoche doucement la tête en posant une main sur la carrosserie.
-Je ... Merci !
Je ne tarde pas et monte rapidement à l'avant du véhicule. Jacob vient prendre place à mes côtés et commence à m'expliquer son fonctionnement. Finalement on s'est retrouvés tous les deux sur la route discutant du temps où ont joués tout les deux à la réserve. Jacob n'a pas vraiment changé il est resté aussi gentil et intentionné qu'avant et sa présence me rassure beaucoup. Au moins je ne suis pas véritablement seul. J'apprends à regret qu'il n'est pas encore au lycée et qu'il va à l'école à la Push.
Le soir en me couchant je pense à demain. C'est la rentrée et j'ai un peu peur. A New-York jamais je n'aurais douté, tout le monde savait qui j'étais et ce dont j'étais capable. Mais ici personne ne connait mon passé, ni même les choses que j'ai pu faire. Demain je serais nu devant tout les élèves et cet examen de passage me stresse horriblement. C'est sur cet affreux doute que je sombre dans un sommeil profond.